Critique geek : Green Lantern, ou comment pousser Sheldon Cooper au suicide
Par David Legrand le 12/08/2011 à 17h00 (3361 lectures)
S'il y a bien un type de film qu'un geek ne peut s'empêcher d'aller voir, ce sont bien les adaptations de comics. Qu'on soit adepte ou pas de la version papier, ces histoires nous parlent pour tout un tas de raisons (on va vous éviter la séance de psychanalyse), et il faut dire qu'une bonne partie des dernières réalisations est plutôt appréciable.
En effet, même si une adaptation de comics, avant, c'était Nick Fury interprété par David Hasselhoff ou des productions ratées telles que Daredevil, Elektra, le Hulk d'Ang Lee et autres Spiderman... ces dernières années ont été bien plus intéressantes.
Les comics au cinéma : c'est mieux qu'avant
Marvel est d'ailleurs bien plus doué que DC Comics à ce petit jeu. Tout d'abord parce qu'il a eu la bonne idée de proposer des histoires au long cours, comme c'est le cas avec la série X-Men (quoi que l'on pense du résultat) ou avec l'arrivée des Avengers, mais aussi parce que l'on sent qu'ils se sont donné les moyens d'obtenir des résultats plutôt bons, même si l'on reste parfois au niveau d'un simple blockbuster (Thor, si tu nous regardes).
En face, on se souviendra avec peine du dernier Superman (qui devrait bientôt subir un reload à la façon « Man of steel ») et le seul rescapé semble bien être Batman. Celui-ci, sous l'impulsion de Christopher Nolan, a subi une cure de jouvence comme l'on ne pouvait s'y attendre, aboutissant sur une trilogie plutôt intéressante, qui devrait bientôt se finir.
Green Lantern : un film à aller avoir avec Amy Farah Fowler ?
Mais passons plutôt au dernier essai de DC Comics / Warner qui est l'objet de cette critique geek : Green Lantern. Culte pour nombre d'entres nous, le comics est aussi connu des adeptes de la série The big bang Theory en raison de la passion que voue Sheldon Cooper au héros, membre de la ligue des justiciers d'Amérique (JLA, pour les intimes).
Nous avons comme toujours opté pour le Kinepolis de Nancy pour cette séance, en 3D... contraints et forcés. En effet, les séances en 2D n'étaient proposées que jusqu'à... 14h, de quoi limiter la chose. Une manière de mieux rentabiliser la projection du film ?
Une 3D forcée... et plutôt ratée
D'autant plus qu'il n'a pas été tourné en 3D, bien que la plupart des effets spéciaux, notamment pour les scènes qui se passent sur la planète Oa, aient pris en compte cet aspect du film.
Et cela se ressent directement sur le rendu final : certains éléments ressortent du décor à outrance, et de multiples effets de halo de lumière et autres rayons qui brillent viendront vous triturer les yeux.
On aurait aimé que les choses soient au moins au niveau de ce que l'on avait pu constater dans Thor... c'est raté.
Green Lantern édition 2011 : Hal Jordan de l'âge d'argent
Comme nous l'avions déjà évoqué, l'histoire de Green Lantern est complexe puisqu'elle se sépare en plusieurs « âges », en fonction de l'humain qui incarne notre super héros. Le parti pris de cette version est de se focaliser sur Hal Jordan de l'âge d'argent, ici interprété par Ryan Reynolds.
Ce pilote de chasse, obnubilé par la mort de son père aux commandes de son avion lors d'un essai, sera choisi par l'anneau de l'un des plus valeureux membres du corps des Green Lantern : Abin Sur. Blessé suite à un combat avec son ennemi de toujours qui se nourrit du pouvoir de la peur (couleur jaune), Parralax, il aura à peine le temps de confier sa bague et sa lanterne à notre humain avant de mourir.
Ce dernier finira ainsi sur la planète Oa, afin de suivre sa formation... et de s'apercevoir que les terriens ne sont pas l'espèce la mieux considérée de l'univers. En effet, avant lui, aucun humain n'avait fait partie du corps des 3600 Green Lanterns.
Pour rappel, ceux-ci exploitent le pouvoir de la volonté, la plus grande force de l'univers (couleur verte). Leur anneau, rechargé par une lanterne, leur permet ainsi de modéliser n'importe quelle construction issue de leur esprit.
Des effets spéciaux qui ne sont pas à la hauteur
Dès la publication des premières vidéos, les craintes que l'on pouvait nourrir quant à l'intérêt d'un film de super héros sortant en plein mois d'août semblaient fondées : les effets spéciaux semblaient plutôt « cheap » et ils ont d'ailleurs été retravaillés avec une rallonge de budget.
Pour autant, on sera globalement assez déçu sur ce point. Hormis Parralax, c'est là encore plutôt raté. On sent les incrustations à chaque plan se passant sur Oa, la planète fait plutôt... plastique et c'est sans parler du costume de notre héros qui aurait pu être bien mieux intégré.
On sent aussi que les équipes n'ont pas voulu se fouler sur la modélisation des différentes espèces. Hormis deux personnages et un humanoïde qui se contente d'un maquillage rouge, on ne verra les autres membres du corps que dans des plans assez courts et assez larges.
Les constructions sont aussi un point faible du film. Lors de l'initiation de Hal, l'un de ses formateurs lui dit que « la seule limite est celle de ton imagination ». Celle des scénaristes ne devait pas être au rendez-vous tant on voit peu cet aspect de notre héros, et tant sa façon de combattre est sans surprise...
Un montage à revoir et un spoil de la fin... dès le début !
Au niveau du rythme, le film déçoit aussi à de nombreux moments. Le montage est clairement à revoir notamment au niveau de l'alternance entre l'évolution de Hal et du disciple humain de Parralax, Hector. La façon de faire nous a plus donné l'impression de faire face à des sauts de cabri qu'autre chose, ce qui était plutôt désagréable.
À côté de cela, le film souffre de pas mal de lenteurs par moments, et l'on se surprend à s'ennuyer ferme et à dire aux personnages : « Bon, vous ne voulez pas passer à autre chose là ? ».
Mais le plus gros défaut est sans conteste le fait que l'un des personnages donne dès le début du film un indice sur l'issue de ce dernier, gros comme une maison. Une fois ce moment passé, on ne pouvait plus qu'être cruellement déçu. Le combat de fin sera d'ailleurs beaucoup trop court et sans aucune saveur... une manière de rester sous la barre des 2h à moindres frais ?
Trop convenu, le tout manque cruellement de profondeur
Surtout que le casting, les personnages ou leurs liens ne sauvent même pas l'ensemble. Si le trio amoureux s'en tire plutôt bien, Ryan Reynolds en tête, on sent que tout cela est beaucoup trop téléphoné.
Le scientifique, moche et frustré, amoureux de celle qui craque pour le beau pilote de chasse... finira mal, d'autant plus qu'il est méprisé par son père, un politicien sans scrupule. Vous n'avez pas déjà vu ça 100x ?
Il y avait pourtant beaucoup à faire avec ce Green Lantern, mais la réalisation de Martin Campbell (Hors de contrôle, Casino Royal, La légende de Zorro) peine à convaincre. Certes c'est l'été, certes c'est un blockbuster... mais il y a des limites.
Green Lantern aura une suite... espérons qu'elle sera meilleure
Sachez enfin qu'il existe une scène de fin à regarder après le générique (elle aussi cousue de fil blanc et sans saveur) qui annonce ce que nous avions appris il y a quelques semaines : il y aura bien une suite à ce Green Lantern.
L'avantage d'un film dans lequel le grand absent est sans aucun doute le budget, c'est qu'il est facile à rentabiliser. Espérons que le deuxième opus sera d'un tout autre calibre... et que les scénaristes de The Big Bang Theory s'inspireront du premier pour un épisode où Sheldon Cooper frôlera l'anévrisme dans une salle de cinéma. (Peu de chance, la Warner est aux commandes).
Note de la rédaction : ![]()
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(et on est gentils)
Du côté de chez IMDb, à l'heure où nous écrivons ces lignes, il a droit à une note de 6.2 (20 719 votes) contre 3.5/5 chez Allo Ciné (653 avis).
Mais en effet le film ne donne pas trop envie d'être vu. Même la bande annonce laisse présager une lenteur lancinante :/
J'ai passé un bon moment et c'est ce que je demande quand je vais au ciné

Par contre, j'ai pas suivi l'histoire de l'indice en début de film. C'est à quel moment et quel perso lâche l'info?

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Pas mal de clichés dans les relations entre les personnages, combat de fin prévisible (Oooo le spoil du début !), phase d'apprentissage du pouvoir trop rapide et pouvoir sous-utilisé... Dommage dommage, y'avait pourtant matière.